LE PALAIS DE SANG/ JUNE HUR


 


BAYARD JEUNESSE
2025
9791036373381
A PARTIR DE 12 ANS


: Amateurs de récits policiers et d'univers asiatique du passé, ce livre est probablement pour vous.
Mettez-y le nez, vous verrez !
Même sans la confirmation de la quatrième de couverture, on ne peut qu'être à peu près sûr de l'origine du lieu à cause des noms (multiples, parfois voisins mais assez caractéristiques de la Corée.
18 ème s. Attention, frisson ! Nous parlerons de féminicide.

Ce genre de point de départ ne sera pas sans nous rappeler les tristes légendes criminelles anglaises de Jack L'éventreur.

Quatre femmes sont retrouvées assassinées dans un quartier Corréen.
Les femmes de haute ou basse extraction sont en émoi, l'enquête est menée par la police.
La police semble avoir déja son idée pour boucler les affaires et cela renverra au statut si diminué des femmes de ce cadre historique : les orphelines ou les filles pauvres sont poussées dans le meilleur des cas, si elles ne finissent pas concubines du roi, à devenir infirmières (le secteur recrute) et dans le pire des cas, si les examens sont ratés, à devenir cuisinière ou personnel de morgue pour les femmes. Dernier recours, l'héroïne le raconte, sa mère dans un moment de désespoir l'avait déposé devant une maison close pour être prise en charge, sans succès.
On comprend vite que cette société patriarcale très normalisée et hiérarchisée, permettant à d'autres que le roi de connaitre leur place et leurs devoirs, forgera pratiquement dès l'enfance le caractère des filles à cause des nombreux interdits.

Comme dans "Jack l'éventreur", on se préoccupera davantage de savoir pourquoi ses femmes se trouvaient non accompagnées dans la rue - et si dans l'intrigue anglaise leur choix de filles de mauvaise vie les condamnera rapidement par des jugements masculins, quelque chose comme "elles l'auront bien cherché aussi à se promener aussi tard", ici nous n'en serons pas loin. Tout est décortiqué, leur métier, leur raison de se trouver à cet endroit du fait de leur statut... Les conclusions d'une liaison secrète est souvent la plus plausible et la plus facile devant l'absence de preuves et l'épaisseur du mystère.
Nous comprendrons aussi que le roi attend des résultats rapides pour la population puisse dormir tranquille.

L'héroïne.
Hyeon, 18 ans, est infirmière et elle se sera battue pour s'élever dans la société.
Sa mère est la concubine d'une personne haute placée et ce seigneur ne l'aura pas reconnu, il la méprisera même sans ménagements.
Les victimes assassinées sont des jeunes filles de sa promotion d'études ou scolaire, certaines sont infirmières, d'autres dames de compagnie, tout cela ne collera pas. On ne mélange pas cette société comme cela, les femmes commères même réfléchiront en ce sens. Pourquoi se trouvaient elles toutes au même endroit avec des agendas sociaux si différents ? Quelqu'un a-t-il des commérages à partager ?
Hyeon est affectée par ce crime en tant que femme mais aussi parce que les conclusions hâtives de la police pointeront du doigt sa mentor.

Sans doute improbable, comment une seule femme aurait pu régler leur compte à plusieurs femmes à moins d'être un assassin entrainé ? Cela ne semblera pas le souci de la police qui lui promette de lui en faire baver au poste si elle n'avoue pas.
Emue par autant d'injustice, Hyeon décide de mener l'enquête (risquant sa position sur l'échiquier si on la surprend sur les lieux du crime à des heures curieuses et sans chaperons). La jeune fille croisera le chemin d'un autre curieux, un jeune homme personnel de police qui n'aura pas peur d'outrepasser sa position et de perturber le bon déroulement d'une enquête de la police (s'il est attrapé). Les deux sont de fins limiers pour des raisons propres à leurs fonctions, Hyeon parce qu'elle a travaillé à la morgue notamment et qu'elle sait faire parler des corps inertes en les observant.

Heyon. On aime bien ce caractère digne et parfois féroce, peu estimée par ses parents, d'une grande patience devant les humiliations régulières, elle connait le système et sait que c'est couru d'avance pour les femmes et qu'il faudra se montrer déterminée et plus maligne pour apprendre. Le code social est très fort, hommes et femmes ne se touchent pas, ne se rapprochent pas (sauf dans le cas très privilégié des concubines), c'est une norme exclusive. Cette contrainte entrera à chaque fois en ligne de compte pour que les deux protagonistes échangent simplement.
Cette pesanteur partagera la vedette avec le crime en série. C'est à découvrir.


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JUNE HUR

AUTRICE
https://www.babelio.com/auteur/June-Hur/580230

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