
SARBACANE
COLL. EXPRIM'
2012
A PARTIR DE 16 ANS ET +
Quel plus grand destin pourrait imaginer ce brave Robert Bradley troisième du nom ?
Dans le bouge où Robert grandit,
les gens y naissent, y vivent, y meurt sans avoir l'envie de grande aventure et d'exotisme au delà des frontières de la ville.
Rien de très excitant.
D'ailleurs, « Bibow », car tel est le pauvre surnom de ce petit prince des bougres cul-terreux analphabètes de son entourage,
ne connaît rien de l'excitation, du grand frisson .
Tout le laisse de go et ce,
principalment dû à une anomalie génétique qui le laissera complètement de marbre quelle que soit la situation.
Son départ à la guerre du Vietnam pourrait lui obtenir un très grand moment de fierté familial,
son grand-père perdit un œil avec honneur lors d'une guerre
et son père y laissa une jambe pour une autre.
Le destin lui réservera heureusement d'autres desseins.
La chance frappera bel et bien
et dans d'étranges circonstances.
Bibow Bradley sera recruté par la CIA après une bavure au Vietnam,
en tant que super agent d'infiltration.
Une pure aubaine pour l'organisation secrète américaine qui voit en lui un agent exceptionnel,
sans inhibitions pour des missions extrêmes.
Bibow voit en cela le moyen de faire le grand saut vers l'inconnu et refaire sa vie tout simplement.
Bien que réussissant parfois ses missions bien malgré lui et tuant du coup sans états d'âme,
Bibow ne se montrera pas l'élément attendu car toujours à la recherche de son propre destin et très avide de profiter des opportunités qu'offrent ses rencontres.
On ne fraie pas avec l'ennemi, Bibow, voyons.
Une drôle de vie que celle de Bibow Bradley.
: Un titre qui a gagné Ex-Aequo avec
un deuxième roman "Doglands", la récompense de la pépite du Roman Adolescent Européen de
l'année 2012, au Salon de la littérature jeunesse à
Montreuil.
Le personnage de Bibow est un personnage atypique qui a droit à une seconde chance dans des conditions dramatiques et d'un humour noir cultivée tout du long par l'auteure.
Pour exemple, il se débarrasse de ses camarades en plus
de ses « ennemis »,
sur une embuscade au Vietnam. Mourir
pour la patrie, telle était leur volonté, il en en fut donc très logiquement ainsi par Bibow dans des circonstances que les lecteurs découvriront.
Cette grosse bévue étouffée par la hiérarchie lui attire les faveurs de sa patrie qui secrètement en fait un agent secret de la CIA,
réalisant tous les avantages d'avoir un tueur à leur solde, pathologiquement sans inhibitions.
Bibow est présenté au début du roman comme une âme égarée,
une triste figure se découpant dans divers
décors américains et lots de personnages décadents.
Nous ne pourrions nous empêcher de penser, à la lecture des premières pages, que ce pauvre
bougre file son chemin comme un « Forest Gump » de Spielberg, il s'impose dans la grande l'Histoire de façon humoristique à l'identique, les profils
semblaient se ressembler, l'auteure glissant des anecdotes véridiques
très intéressantes intervenant ci et là.
Mais Bibow n'est pas un benêt, inhérent au handicap de Forest, et cela fait toute la différence.
C'est un esprit en
devenir que son propre « handicap » a « protégé » de la tristesse, de la bêtise humaine jusqu'alors et qui va faire presque naïvement ses
propres choix.
Il a pleinement conscience de l'absurdité du
monde qui l'entoure,
il questionne autour de lui comme un enfant
et il n'a pas de réponses à ses questions.
Aussi, Bibow peut réagir de façon très surprenante, dans une logique qui lui est
propre puisque le monde semble en manquer pour lui.
Bibow partira à la rencontre de sa propre histoire, dans l'Amérique de l'après-Guerre Froide des années 60.
Nous sommes projetés historiquement dans une ambiance paranoïaque, l'Amérique du
Président Nixon et de J-Edgar Hoover, chef du FBI.
Celle qui fédère et protège la
nation de la menace « invisible » venant de l'extérieur,
traquant, espionnant et éliminant toutes idées déviantes à
l'insu de tous, afin de conserver intact les valeurs et la
tradition, socle d'une société "parfaite".
Mais Bibow va se laisser aller à trinquer avec le russe,
sympathiser
joyeusement et amoureusement avec la hippie,
parce que la chaleur
et la bienveillance des rencontres lui procurent un bien
supérieur à la suspicion et le font évoluer.
Il rejette donc
la xénophobie et le racisme ordinaire familiale, institutionnelle.
Cela
donne donc une petite comédie décalée, jubilatoire et
percutante.
C'est aussi, les lecteurs le verront clairement, un message
doux-amer contre la guerre et ses conséquences sur la société
américaine.
le regard désabusé de Bibow, « extraterrestre » parmi les hommes,
découvrant l'amitié et l'amour,
est à la fois piquant et touchant.
le langage est crû, brut de
décoffrage,
dérangeant volontairement certe,
il illustre la
vulgarité d'un milieu duquel il s'extirpe.
Mais la vulgarité
peut aussi revêtir d'autres atours, ceux des jolies cravates et beaux costumes
impeccables, on le constate hélas.
En tout cas, les lecteurs pourront eut-être se dire simplement, à la lecture de l'aventure du personnage, que
rien n'est écrit dans le marbre heureusement.
Bibow ne sortira
pas indemne de cette aventure mais il aura le moyen à la fin de
briser la chaîne d'une lignée triste et pathétique .
Axl Cendres offre une satire originale de l'Amérique d'hier et un peu d'aujourd'hui,
en peu de pages.
A recommander à un
public averti de grands ados.
Les « Young Adultes » et les autres vont
« mourir » de rire et s'émouvoir.
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AXL CENDRES
AUTEUR
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CE QU'ILS EN DISENT?

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