EDITION DES GRANDES PERSONNES
2014
978-2-36193-266-4
A PARTIR DE 16 ANS ET +
Elle avait les cheveux courts,
et un pantalon, rouge.
Elle la voit, elle la voit dans ses souvenirs aussi clairement que si cela c'était passé hier,
dans ses souvenirs de bambin à la chevelure légère et hirsute.
Elle la voit, qui lui ressemble, faisant danser son archer sur les cordes de son violoncelle.
Pas un violon, non. Un violoncelle.
Cette maman le tenait avec ses jambes fines aussi solidement que si elle se trouvait agrippée au tronc d'un arbre.
« Mais c'est impossible ! », n'arrêtait pas de seriner sur ces souvenirs Miss Eliot , la dame des Services Sociaux,
s'agrippant à ses certitudes de peur qu'elles s'effondrent, aussi solidement qu'à ses dossiers sous le bras. Une enfant de 3 ans ne peut se souvenir de choses aussi précises.
D'ailleurs, une femme ne joue pas du violoncelle, une femme ne porte pas de pantalon, c'est bien là la preuve que tout ceci n'est que fantasme et ineptie, affirme t'elle.
De plus, selon elle, il est plus que temps de reconsidérer cet « arrangement » peu correct entre cette enfant qui grandit et cette personne qui l'héberge, ce Charles qui l'a sauvé des eaux du naufrage du Queen Mary.
Cet épisode heureux et malheureux les a mené l'un sur le chemin de l'autre, la petite flottant au milieu des restes, lové dans son énorme étui à violoncelle.
Il ne serait pas bon que Sophie réponde sur la façon dont sont faits les devoirs, inutile de préciser que certains devoirs sont faits sur les toits de la maison.
Sophie est un joli petit oiseau, une musicienne à la chevelure de neige qui adore le grand air et les toits. De là haut, elle joue sa musique, comme un appel qui pourrait être entendu du bout du monde par une jeune maman qui aurait perdu sa fille.
S'agrippant l'un à l'autre, Charles et Sophie, le verdict de Miss Eliot venant bouleverser le petit cœur d'oiseau de Sophie, "la petite famille" se sauve pour ne pas être séparée et décide de suivre les quelques pistes qui pourraient conduire la jeune fille vers la maman de ses rêves.
Au revoir Londres, à nous les toits de Paris !
Le ciel nous appartient vraiment !
: « Le ciel nous appartient » de Katherine Rundell est une belle histoire d'amour et d'amitié.
« L'amour est imprévisible » se dit elle-même Sophie.
L'amour que conserve Sophie pour cette maman qui la « hante » est précieux, comme une présence, une petite bougie allumée dans son esprit qui va demander d'être ravivé encore un peu plus chaque fois par son souvenir.
Un retour aux origines indispensables par cette quête imposée par les conditions de départ de l'histoire, savoir d'où l'on vient finalement pour aller vers l'avenir, en traquant sur les toits la petite musique tellement jouée par cette maman inconnue.
Cela ressemble presque à un conte à plusieurs niveaux.
Le sauvetage de Sophie petite reste miraculeux, improbable et pourtant, dans cette histoire merveilleuse tout est possible.
Des enfants voyagent et se déplacent sur les toits dans ce roman, des hommes célibataires s'improvisent « papa de cœur » aussi, des personnes qui s'aiment au plus secret de leurs cœurs se rejoignent sur un air de musique également.
Le Requiem de Faure, malgré sa particularité funèbre, vibre d'une magie tout autre dès lors que Sophie réussit à l'identifier. La sensibilité musicale de Sophie est aussitôt habitée, cet air anime ses rêves d'enfant.
La mélodie prend un caractère lumineux et le fil ténu de l'indice prend la solidité d'une corde à laquelle elle s'accroche fortement tout au long de son aventure.
Grâce aux petits parisiens sauvages des toits de Paris, Mattéo, Anastasia et sa petite sœur Safi,
Sophie va vivre une expérience inoubliable où les repères sont revus, inversés par une situation de crise de l'instant. Être un petit sauvage des toits, c'est comme d'être parmi les petits enfants perdus de Peter Pan de John Barrie.
Elle trouve une famille de cœur dans le jeu, une aide précieuse pour son enquête de maman à retrouver, des amis dans l'adversité au delà des conditions de vie spartiates des jeunes camarades.
L'auteure promet des temps forts avec la redoutable bande rivale des « Cerbères » dans un coin de Paris qu'il est indispensable de traverser et une petite Sophie qui risquent de glisser des toits.
On aime, on frissonne, on espère, comme dans la vie.
Une histoire sur le courage, une invitation à ne jamais lâcher ses rêves.
. L'important comme le relate si bien cette histoire, c'est d'aimer, d'être aimé et vivre ensemble.
Un ciel à portée de jeunes mains et de pages.
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KATHERINE RUNDELL

L'AUTEURE
http://www.babelio.com/auteur/Katherine-Rundell/317670
http://authors.simonandschuster.com/Katherine-Rundell/410789881

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CE QU'EN DISENT LES AUTRES?
http://www.babelio.com/livres/Rundell-Le-ciel-nous-appartient/621832
http://lireaujourlejour.wordpress.com/2014/08/04/le-ciel-nous-appartient-katherine-rundell/
http://www.ricochet-jeunes.org/notre-selection/livre/52037-le-ciel-nous-appartient
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QUI SONT LES ENFANTS PERDUS?



LE REQUIEM DE FAURE,
QU'EST-CE?
QU'EST-CE?
DECONCERTO: "Eric Picard, violoncelliste de l'Orchestre de Paris joue l'Élégie de Gabriel Fauré, écrite pour rendre hommage à un ami disparu. Tandis qu'il joue, la musique l'éloigne de la pleine vitalité des enfants pour l'emmener dans des songes sur la vie qui passe et s'éteint..."


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