LE GENEVRIER
2017
9782362900044
A PARTIR DE 8 ANS
: Aussi fan de Paul O. Zelinsky? Ceux qui s'étaient régalés de sa version illustrée de "Grigrigredinmenufretin" (connu aussi sous le nom de Tracassin et Oustrouspistache), devrait apprécier les planches superbes dédiées ici à une version du conte "Raiponce".
Le texte traduit de l'anglais au français respectera là aussi l'art du conte à haute voix, au point que nous pourrions nous passer des images. Texte et images joueront leur rôle et seront aussi importants.
Et tout s'y passera comme dans d'autres versions illustrées plus traditionnellement : la mère de Raiponce enceinte se trouvera prise d'une faim dévorante de ...fraises ? Non, de fleurs de Campanules raiponce (oui, cela se mangeait en salade à une lointaine époque).
Le pauvre époux descendit dans un jardin voisin appartenant à une sorcière pour préserver la grossesse de complications nerveuses et c'est ainsi que celle-ci se déchainera sur lui, lui demandant son enfant en échange de la grossesse sauve de son épouse - et sa propre vie - en rassasiant son appétit dangereux.
Cela ressemble un peu au conte de Grigrigredinmenufretin: le héros garde la vie sauve et se trouve aidé au pied du mur dans un pacte de dupe.
Il était une fois, une jeune fille dans une tour...
La version du conte écrit se montrera plus dramatique encore que la version de Disney.
La sorcière adoptera donc l'enfant volé et l'aimera tant, qu'à ses 12 ans, elle s'arrangera pour qu'elle ne soit pas tentée de s'éloigner d'elle (en l'installant dans une tour sans porte d'entrée).
Rappelez-vous : "Raiponce, Raiponce, détache tes cheveux..."
et notre jeune princesse de dérouler sa longue chevelure sans se déboiter la tête, la pauvre...Et notre sorcière de grimper à la corde cheveux à la façon d'un exercice d'EPS...
Puis, arrivera un prince qui surprendra la sorcière et sa formulette.
Il sera assez rare dans les récits de contes de parler de princesse tombant enceinte après avoir laissé entrer un galant charmant qui lui promettra royaume et mariage.
Quel déshonneur!
Mais ceux là sont amoureux et on nous le dit, le prince l'aura déja épousé dans sa tour (sans la faire descendre. Mais peut-être par quelques voies magiques ne le pouvait il pas?).
Les contes adaptés de Zelinsky seront aussi idéalistes que peu moraux et c'en sera absurde et c'est ce qui fera sourire, ce n'est pas la vraie vie ni le conte de fées attendu.
Dans Grigrigredinmenufretin, la fille du meunier sera menacée de mort si elle ne transforme de la paille en or comme s'en était vanté son père, puis l'épreuve réussie, le prince décidera de l'épouser pour enrichir le royaume.
Nous savons bien comment on fait les bébés et gage que les amoureux de la tour n'auront pas fait que discuter, c'est d'ailleurs ainsi que la sorcière réalisera que Raiponce fut visiter (elle ne rentrait plus dans ses robes, la pauvre...). Le conte est un peu cruel, punissant la pêcheresse en lui coupant la chevelure (un critère de beauté chez les princesses, la longue chevelure) et tout en l'humiliant ainsi, la mettant dehors.
Le galant reviendra et c'est le théâtre de boulevard, c'est une vieille sorcière qui l'attendra là-haut et le privera aussi de la vue en tombant de haut.
OuI, c'est presque biblique, le prince ne retrouvera pas le chemin de son royaume, errant comme un mendiant et ce n'est qu'au hasard de ses errances qu'il entendra la voix de l'élue de son coeur. Il pourrait donc se sauver, se venger mais non, sincères l'un et l'autre, se tomberont dans les bras et l'amour lui redonnera la vue... Rappelons-nous: ils se sont promis l'un à l'autre, il ne peut en épouser une autre. Les enfants filtreront sans doute les vraies réalités d'une telle situation, oubliant que Raiponce n'a aucune expérience maternelle et se trouvera à accoucher de jumeaux (double bonheur ou double peine) sans la présence de son jeune époux pour l'épauler.
Les scènes architecturées de Zelinsky jetteront grâce, lumière et légèreté sur cette affaire de sorcière mère possessive qui reniera sa fille adoptive.
Les illustrations seront presque habités d'un esprit saint et Paul O. Zelinsky s'inspirera des tableaux religieux de la peinture à l'italienne, notamment d'artistes peintres tels que Piero Della Francesca du 15 ème siècle - les grands lecteurs amateurs d'Histoire de l'Art le reconnaitront sans trouver de mention dans le livre, à cause de la composition en deux parties, une en frise d'applat et une autre en profondeur crée par un point de fuite imaginaire, des décors à l'antique, les plafonds de caissons, les sièges à la romaine, les trompe-l'œil d'une peinture sur bois.
La sorcière fera d'avantage penser à un personnage voilé de la bible comme Marie ou sa cousine Elisabeth. Le style ajoutera de la vertu et de l'honneur à ce destin de jeunes tourtereaux qui seront punis comme des pêcheurs et se sortiront de cette histoire comme des victimes de bonne moralité innocentées.
VOIR AUSSI:
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LES FRERES GRIMM
AUTEURS, COLLECTEURS DE CONTES
ET
PAUL ZELINSKY
ILLUSTRATEUR
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CE QU'ILS EN DISENT?






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