GALLIMARD JEUNESSE
COLL. GIBOULÉES
2025
9782075217996
À PARTIR DE 8 ANS
: La grande histoire...avec la mode des princesses.
Avant d'aborder le début du documentaire, les grands lecteurs, les adultes pourraient se demander si le propos du livre, la mode des femmes, sera amené comme un art aussi charmant que très controversé qu'il est?
Eblouissantes!
À la vue de la première de couverture, ce n'est pas l'idée qui nous viendra tant la vue est attrayante et fera rêver beaucoup de jeunes filles: une pose de plusieurs princesses élégamment vêtues, comme devant un objectif photographique et comme des mannequins.
Cette mode des princesses, cela a fait longtemps rêver des petites filles qui n'avaient que peu de chance d'être vêtues aussi précieusement et ainsi coiffées. Normal.
Le sommaire et ses tons pastel nous feront presque penser aux codes de présentation d'un magazine féminin.
Le titre nous aura sélectionné 27 personnages féminins historiques et internationaux pour illustrer les grandes tendances du 14ème au 20ème siècle. Marguerite, Sybille, Cécile, Alida Christina, Églabtind, Anne, Catherine, Maria Luisa et les autres vont faire sensation.
Le saviez-vous?
La jarretière est apparue au 12 ème siècle pour tenir des bas de chausse (des chaussettes hautes comme des bas).
La barbette est une bande de tissu en lin qui couvre le menton et encadre le visage (sous les coiffes et les couronnes).
On appelait "coiffures à templettes" la mode des "macarons façon princesse Leia de Star Wars).
Le "surcot" est un gilet sans manches prolongé d'une deuxième robe, ouvert sous les bras et découvrant sur la robe du dessous. Les ouvertures latérales étaient surnommées "Les portes des enfers".
Au 15ème siècle, pas encore de soutien-gorge évidemment, on s'emballera le torse dans un linge de toile serré et les femmes pourront même ajouter des petits sacs pour donner du volume à une poitrine moins généreuse.
La "houppelande" est un manteau ample du 15ème siècle, doublé de fourrure et ceinturé. Plus il y avait d'ornementations et de perles, plus on montrait son rang... Vie de princesses!
On apprend vraiment plein de choses et l'habillement féminin si garni d'éléments et finement pensé deviendra de l'art. Avec les exemples soutenus par une référence documenté en bas de page, nous verrons émerger aussi les références historiques et hautes de l'époque, reines, princesses, duchesses, baronnes, aristocrates, principalement celle de France, d'Allemagne, d'Italie et d'Angleterre. Les modes glisseront d'un pays à un autre, s'influençant sur les tendances.
La dimension artistique rendra grace aux couturières et aux créateurs de mode qui, tout de même, firent du bel ouvrage au prix parfois de plusieurs heures de travaux à l'aiguille et à la main.
Les couleurs des vêtements seront vives et les personnages seront belles, il y aura de quoi rêver avec ce documentaire si accessible.
Les coulisses secrètes et laissées de cotées. Un art de l'habillement pour se renouveler et se marier! Pour ceux et celles que cela intéresse, il y aura aussi des coulisses qu'éviteront le documentaire qui garderont notre jeune public dans le merveilleux, le créatif sans polémique.
La mode des princesses et celle féminine seront des marqueurs du temps et des moeurs intéressants d'une culture, d'une société, il suffira de demander à celles qui portaient ses atours leur ressenti du moment pour réaliser qu'il fallait vraiment souffrir pour être belle. Les grands lecteurs le sauront et ça ne sera pas un envers indispensable ici pour ne pas gâcher le plaisir des petites filles.
Toutefois, de vous à moi, chers jeunes lecteurs, il ne faudra pas oublier que cette mode des cours royales était aussi une jolie prison, les robes cintrées à la taille par des lacets bien serrés pour maintenir l'illusion d'une taille svelte - rappelez-vous de la tentative de la reine sorcière d'étouffer sa bru Blanche Neige en lui vendant dans les bois une robe ensorcelée sur le corset - . Les jeunes filles ne devaient pas trop manger pour entrer dedans, c'était l'une des inquiétudes du matin. Les lacets étaient au début prévus pour être serrés par une tierce personne dans le dos, tandis que les filles du peuple n'eurent pas peur de l'exposer au devant d'une façon pratique qui plut à certains messieurs qui pouvaient plus facilement dénouer la poitrine pigeonnante et contourner la garantie de ne jamais s'y aventurer avant le mariage.
Imaginez le temps qu'il fallait pour couvrir, cacher, chastement, les hanches et les jambes par de multiples couches de vêtements et une armature "baleine" pour soutenir toute l'accumulation (qui parfois ne passait pas les portes).
Choisir le tissu aux magasins tuaient le temps des demoiselles nantis entre les cours de maintien et de cours artistiques, et on misait sur chaque apparition pour envoûter le noble public masculin et obtenir son mariage de princesse qui mettrait à l'abri pour l'avenir au départ de la maison familiale. Une même robe portée deux bals de suite? Quelle humiliation! Chacune, bien entendue, notait les tenues de l'autre, sa prestation en public et il fallait la fois d'après surenchérir pour faire oublier sa concurrente. Combien d'argent la tenue avait elle coûté? Auprès de quel couturier, que l'on se réserve son exclusivité?
Tandis que les hommes gonflaient le torse et les mollets, les femmes entraient dans des joutes de plumes. Que l'existence des princes et princesses étaient compliquées en dehors des temps de guerre! Les pauvres princesses concouraient pour le prix de la plus jolie "montgolfière" sur jolies pieds qu'on ne devaient point voir. Les multiples couches en dessous de la taille, qui ne pouvaient s'enfiler seules, garantissaient aussi la vertu d'une jeune demoiselle promise sur le "marché" . Comment faisaient-elle pour aller aux toilettes et se soulager, me direz-vous?
Non, la vie de princesse est un formidable fantasme de séduction pour les petits qui aiment se déguiser et un objet de torture pour les grand !
Les jeunes lecteurs ne le réalisent pas, qu'à ces débuts la mode féminine était tournée vers la séduction et les sensibilités de l'homme de leurs époques qui promettaient un confort matériel, ainsi quand elles le purent, les femmes réarticulèrent finalement la mode selon leur propre confort, besoin de se plaire et suivant une meilleure connaissance de leur intimité, les lacets furent abandonnés, les robes qui cachaient les genoux furent raccourcies, les épaisseurs furent oubliées et on pouvait profiter de l'oeuvre que Dieu créa à partir d'une côte d'Adam sans être damné et l'homme devra apprendre à se contrôler pour que cette liberté puisse durer.
On recommande le titre, bien plus léger et éblouissant que ses coulisses, cela pourrait donner envie de visiter les Musées des arts de la mode. On recommande aussi.
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MARTINE LECAMUS
AUTRICE
https://www.fnepsa.fr/fr/fiche-membre-6319-vintage-mode-et-accessoires-eventails-cannes.htm
ET
CORALIE VALLAGEAS
ILLUSTRATRICE
https://www.babelio.com/auteur/Coralie-Vallageas/341697
https://www.instagram.com/coralie_vallageas/
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CE QU'ILS EN DISENT?
https://www.babelio.com/livres/Lecamus--la-mode-des-princesses/1980742


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