
FLAMMARION JEUNESSE
9782081324046
A PARTIR DE 13 ANS
Les bras tendus, les ongles longs et pointus, l'expression figée d'une terreur blanche sans nom sur le visage,
la créature s'apprêtait à saisir la vie de la belle innocente de porcelaine, l'emporter vers son au-delà.
Se voilant dans sa cape d'ombre, les crocs prêts à se planter dans la chair d’albâtre, elle avançait....
- Coupé !!! Clap !
Le réalisateur Von Merhart venait de saisir son instant sublime de frisson.
Un épisode immortalisé sur grand écran grâce au talent de son acteur phare « Morbide » et celui de la jolie comédienne "Porcelaine".
Un épisode immortalisé sur grand écran grâce au talent de son acteur phare « Morbide » et celui de la jolie comédienne "Porcelaine".
Il y avait là un succès incontestable, à l'identique de celui du film "le Boucher aveugle » ou son célèbre « mouchoir ensanglanté ». Les gouttes de sang perlant le long du cou de la pauvre enfant, les gouttes de sueur des spectateurs auraient suivi pris par l'ambiance, au rythme sentencieux du piano.
C'était juste parfait.
C'était juste parfait.
Pourtant, ce succès avait été ravi, avant même d'avoir vu le jour, avec l'incendie des Studios Von Merhart. L'acteur Morbide fut accusé de l'acte criminel, ainsi que de l'assassinat du réalisateur lui-même. Quelle tragédie!
Deux traces rouges ponctuaient le cou du pauvre Von Merhart.
Les jumeaux « Traîne-malheur » n'aurait imaginé film plus épouvantable, ce n'était pas là un scénario pour les enfants.
Toutefois, nous sommes à Sinistreville et le pire est souvent à venir.
Les pauvres Greta et Feliks comprirent rapidement leur malheur suivant leur rencontre avec l'équipe de cinéma, dont faisait parti jadis leur tante Gisela.
A l'émerveillement des découvertes des coulisses suivit l'horreur.
A l'émerveillement des découvertes des coulisses suivit l'horreur.
Peu après, oui, la Tante Gisela gisait toute aussi raide que le pauvre Van Merhart.
Une ombre maléfique planait sur le studio. Sinistreville était un sinistre endroit où les faits divers pleuvaient à grosses gouttes.
La richissime auteure Olga Van Veenen apparut fort heureusement comme l'ange de la providence et extirpa les jumeaux du centre de redressement, là où l'on plaçait vite fait bien fait les orphelins à Sinistreville.
A eux la résidence luxueuse, les macarons savoureux et autres mets délicieux. Il n'y avait pas de règles avec Olga, pas d'emploi du temps, ni de devoirs, sauf si les jumeaux le demandaient.
D'un claquement de doigts, les petits s'engraissaient de friandises à n'en plus finir...mais !
Attendez ! Cela me rappelle un conte ça ?!
: « Les jumeaux Traîne-malheur » est le tome deux de cette série rétro d'épouvante et d'aventure que sont les affreusement sombres histoires de Sinistreville.
Deux nouveaux héros juvéniles au cœur d'une nouvelle intrigue tortueuse et humoristiquement frissonnante, imaginés par Christophe William Hill.
Si vous aviez apprécié il y a quelques années « les désastreuses aventures des orphelins Baudelaire », cramponnez-vous à votre fauteuil jeunes lecteurs (tenez tout de même votre roman d'une main!) car cet auteur monte d'un cran dans l'humour noir désopilant.
Un vrai second degré du frisson qui se savoure. Les malheurs et les morts tombent avec dérision et les ados en riront tellement, l'absurde y est roi.
Comment peut-il exister un endroit comme Sinistreville? Un endroit de conte de fée à l'envers où les gens vivent heureux jusqu'à ce que le couperet tombe sur ce petit bonheur insolent.
A la différence de l'univers gothique de « Hubert très, très méchant », vivant dans la même ville mais dont on ignore si les personnages sont contemporains, les jumeaux Traîne-malheur offre un cadre année 20 reconnu aux descriptions et à l'élément fabuleux du cinéma muet d'épouvante.
Les petits se seraient bien crus dans une fiction tant les choses se précipitent de mal en pis. L'univers du personnage d'Olga Va Veenen contraste très nettement, lumineux, avec le luxe et les gourmandises, cela nous rappelle l'île aux plaisirs et son parc d'attraction de Pinnochio ou la maison de pain d'épice de la sorcière de Hansel et Gretel.
La tentation est grande de se laisser aller dans l'oisiveté avec autant de douceurs et pourtant Greta et Feliks ne sont pas rassurés par tant de laissez-aller et de dilettantisme.
Cela cache quelque chose, cette Olga n'est pas très douée avec les enfants ou s'intéresse peu à une éducation qui doit les faire pousser droit.
Cela cache quelque chose, cette Olga n'est pas très douée avec les enfants ou s'intéresse peu à une éducation qui doit les faire pousser droit.
De plus, Valentin le majordome, rappelant lui-même le majordome de la « famille Adams », ne se montre pas des plus chaleureux. Et si Olga, jeune et belle « Cruella Deville », avait d'autres projets pour les jumeaux ?
Et si la vague de crimes avaient un rapport avec Olga? La suspicion ne cesse de gagner les jumeaux qui ne savent où tourner la tête, à qui faire confiance tellement Sinistreville est un lieu corrompu par la félonie.
Si la préférence en revient au premier volume personnellement, ce titre propose un bon moment de divertissement qui ne se prend pas au sérieux pour les jeunes amateurs d'horreur .
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CHRISTOPHER WILLIAM HILL
AUTEUR
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CE QU'ILS EN DISENT ?
http://www.babelio.com/livres/Christopher-William-Hill-Les-affreusement-sombres-histoires-de-Sinistrevill/720378
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A DECOUVRIR AUSSI LE TOME 1
DES TERRIBLES AVENTURES DE SINISTREVILLE

FLAMMARION
2015
9782081324039
A PARTIR DE 13 ANS
« Habitants de Sinistreville !!! Habitants de Sinistreville, écoutez-moi ! »
L'inspecteur tentait en vain de capter l'attention des habitants, chamboulés devant l'accumulation des méfaits terrible du mystérieux « Saigneur de Sinistreville ».
« Plus fort ! » tonna une voix venant du fond de la masse.
L'inspecteur rougit quelque peu lorsqu'il découvrit le visage renfrogné de sa propre épouse.
Sinistreville était un lieu habitué depuis la nuit des temps à son lot de légendes lugubres, à ses rues protégées par des gargouilles de pierre en mauvais états, à ses récits historiques de guillotine et de têtes de généraux qui tombent comme des pommes trop mûres.
Voici les histoires à dormir debout qui berçaient l'enfance des Sinistrois.
Il régnait une malfaisance institutionnelle, toute naturelle, comme si la ville entière fut trempée à ses origines dans un bouillon ensorcelée.
Hubert aussi y avait été habitué, du haut de ses onze ans, nourri de la bienveillance et l'amour de ses parents, Monsieur et Madame Brinkhoff.
Cela faisait juste parti du paysage jusqu'à ce qu'il fasse l'expérience de la véritable nature des têtes pensantes de Sinistreville.
Hubert aussi y avait été habitué, du haut de ses onze ans, nourri de la bienveillance et l'amour de ses parents, Monsieur et Madame Brinkhoff.
Cela faisait juste parti du paysage jusqu'à ce qu'il fasse l'expérience de la véritable nature des têtes pensantes de Sinistreville.
Oui,tout était sinistre, dans le vol des corbeaux trop bas, dans les mauvaises humeurs régulières tricotées par la conscience commune, dans les sourires à l'envers, pourrait-on penser que le spectre de la tristesse avait élu domicile ici et filait son chemin joyeusement sur la rivière Sinistre qui fendait la ville en deux, car c'était aussi son nom.
Non, tout n'était pas sinistre à Sinistreville, ni la gouvernante Ms Frauleïn aux apparences strictes et aux multiples maris,
ni Monsieur Lomm le professeur qui cultivait l'apparence de la méchanceté demandée en laissant échapper de faux cris d'élèves suppliant au son d'un gramophone uniquement,
ni Monsieur Urinum le volailler qui lui apprenait le métier chaque après-midi
et surtout pas Isabella Myop la fille des boulangers.
ni Monsieur Lomm le professeur qui cultivait l'apparence de la méchanceté demandée en laissant échapper de faux cris d'élèves suppliant au son d'un gramophone uniquement,
ni Monsieur Urinum le volailler qui lui apprenait le métier chaque après-midi
et surtout pas Isabella Myop la fille des boulangers.
Un jour, alors que Hubert réussit l'examen de l'école avec la note maximale, l'ensemble des professeurs, têtes pensantes de la ville, se mirent d'accord sur le fait qu'ils ne fallait pas lui remettre le beau violon de Constantin, prix de l'excellence.
Doué mais pas trop. Pour garder l'exemple des classes et conserver des positions de forces nécessaires sur la population, c'est ainsi.
Tandis que Monsieur Lomm franchit sans retour la grille de cette école prestigieuse de génies, un flot de malheurs s’abattit sur la famille d'Hubert pour punir ce petit garçon d'avoir critiquer leur décision.
Logé dans le petit logement de la fidèle gouvernante, la famille Brinkhoff remonte la pente, Harold et Isabella se serre les coudes face à leurs professeurs qui les brutalisent. Entre quelques douceurs aux odeurs de caramel et de pommes chaudes, le jeune Hubert va mettre son dit génie au service de sa justice et concocte soigneusement ses plans pour éliminer la bande de mauvais, les uns après les autres.
« Le saigneur de Sinistreville frappe de nouveau !!! » crie la Dépêche.
Ça en jette, pense doucement le petit Hubert en se parant d'un léger sourire avant d'engloutir un bout de délicieux Strudel.
: « Les affreusement sombres histoires de Sinistreville » est une fiction à l'humour noir et mordant et le personnage de Hubert est, pour notre plaisir, très très méchant.
L'univers gothique présenté par l'auteur Christopher William Hall rappellera sans doute celui tellement apprécié et lugubrement drôle de Tim Burton.
Nous sommes dans une ville qui a pris ses racines dans la mauvaise humeur de sa légende et qui subit aussi le poids de personnages cultivés très puissants qui peuvent d'un claquement de doigt faire et défaire. Delà, le père du pauvre Hubert , banquier, se voit congédier par ses patrons sans motifs sérieux, parce que un enfant de onze ans s'est opposé à un vieux directeur sec et méchant, à un petit cercle qui ne souffre pas qu'on lui dise non.
Nous sommes dans une ville qui a pris ses racines dans la mauvaise humeur de sa légende et qui subit aussi le poids de personnages cultivés très puissants qui peuvent d'un claquement de doigt faire et défaire. Delà, le père du pauvre Hubert , banquier, se voit congédier par ses patrons sans motifs sérieux, parce que un enfant de onze ans s'est opposé à un vieux directeur sec et méchant, à un petit cercle qui ne souffre pas qu'on lui dise non.
Nous naviguons entre méchanceté caricaturale pour divertir et la cruauté vraie bien ancrée, l'un et l'autre sont bien dosés pour conserver son second degré, c'est l'opposition entre Hubert le mystérieux saigneur de Sinistreville et le corps enseignant, l'intelligencia de la ville.
Avec l'inspecteur qui ne sait où donner de la tête, l'aventure à parfois des allures de "Fantomas" de Pierre Souvestre et Marcel Allain, adapté au cinéma dans les années 60. Ce n'est pas la voix caverneuse de Fantomas qui pourrait résonner dans le lointain mais un duo de petits rires d'enfants, qui savourent leurs méfaits devant de bons gâteaux aux pommes.
A la lecture, les petites gens apparaissent par contraste doux, bons, les artisans résistent au poids des usines et celui de l'argent. Dans le plus grand secret, à l'insu de ses parents, Hubert continue son instruction avec sa mère le matin et l'après-midi il gagne quelques sous pour le foyer grâce au volailler, Monsieur Urinum, plus que ravi de trouver un petit apprenti.
L' amour se maintient autour d'Hubert pour le préserver, la gouvernante chez elle, continue de servir ses maîtres dans la difficulté, la mère reprend un poste dans l'usine de colle dans un déplaisir qu'elle tait chaque soir pour le bien commun. Chacun s'apporte le nécessaire de réconfort pour aller de l'avant mais Hubert de son côté n'est pas décidé à en rester là. Les touffes de cheveux conservées de sa bien-aimée Isabella, arrachées par la professeure de Chimie pour le plaisir de la secouer un peu au tableau, le conforte dans sa décision d'user de son génie de « mauvais génie » pour une véritable justice.
Qu'en pense le Docteur Zilbergeld, la terrible professeure de Chimie, dont le petite corps arrondi par de douces gourmandises accumulées tire progressivement sur la corde usée qui la retient par les pieds ?
Il ne faudrait pas un petit gâteau de plus.
Du haut du cellier de l'ancienne usine de Strudel Oppenheimer, par une petite fenêtre ouverte, la petite main d'Hubert porte quelques délices à la bouche de la gourmande.
« Une cuillerée pour le banquier,
Une pour l'employé,
Et une pour le mendiant
Qui dort en ronflant. »
Joliment sinistre, pour ados qui aiment mourir de rire surtout !
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CE QU'ILS EN DISENT ??
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